Murat-sur-Vèbre

Agriculture et élevage, une tradition

L’agriculture sur les terres de Murat-sur-Vèbre et de ses communes voisines est issue d’une très lointaine tradition. Aujourd’hui, le Roquefort, fromage élaboré exclusivement avec des laits crus de brebis et bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (AOP) est l’une des composantes essentielles de l’économie agricole du pays. De tradition plus récente (dans l’Histoire !), l’élevage bovin pour la viande ou pour le lait est maintenant bien installé et constitue une autre composante significative de cette économie.

Et l’agriculture continue d’évoluer, d’innover et de se diversifier. Plusieurs dizaines de producteurs proposent ainsi sur le secteur la vente directe de viande. D’autres transforment leur production de lait en fromage ou installent des unités complémentaires d’élevage de volailles.
           
MURAT-SUR-VEBRE
Monsieur FELIU Yannick                 Viande de porc                                 Le Moulin du Louat (05 63 75 94 69)
Madame LIPRENDY Emilie             Volailles fermières                             Les Longagnes (05 63 37 21 25)
SARL de Félines                             Fromage de brebis fermier                 Félines (05 63 37 43 17)
SARL de Félines                             Viande bœuf et de veau                    Félines  (05 63 37 43 17)          
GAEC Pistre Frères                         Fromage de brebis fermier                Le Causse 05 63 37 43 06)
Monsieur SENAUX Régis                Légumes (biologique) - Châtaigne       Canac             
Monsieur PUIG Maxime                   Légumes - Jus de fruits                     Plos                
La Ferme de Randy                         Viande de porc (plein air)                   Randy (07 87 87 20 27)          
GAEC de la Terre Sainte                  Plats cuisinés -
                                                      Viande de bœuf et de veau                 La Bessière (05 63 37 46 46)
 
MOULIN-MAGE
GAEC La Bouissounade                   Viande bœuf et de veau                    La Bouissounade
GAEC Lestiés                                  Viande agneau                                 Lestiés
 
CASTANET-LE-HAUT
GAEC du Basset                              Fromage de vache fermier                 Le Basset
EARL de la Baraquette                     Fromage de vache fermier                 La Baraquette

Une fromagerie à Plos

Quand il sort du lycée agricole saint-Affricain de la Cazotte avec son bac en poche, Maxime prend le statut d’aide-familial auprès de sa mère Monique et de son oncle Michel Rasimbaud. Ce n’est qu’en 2014 qu’il s’installe, mais déjà, en annexe, la ferme ovins-lait s’est diversifiée : « Oui, souligne Maxime, voilà plus de dix ans qu’on fait des légumes d’hiver. Et puis, comme papa avait planté des arbres fruitiers, nous avons eu l’idée d’acheter le matériel et de presser. À l’époque, je faisais les marchés de Noël, mais c’était compliqué avec le temps de l’agnelage. » Outre panais et rutabagas, ce sont choux, carottes, etc., et donc jus de pomme et de poire qui sont commercialisés au marché du lundi de Bédarieux (Hérault), avant que Maxime et d’autres producteurs au naturel ne créent le marché « Bionat » du samedi. Autre débouché, depuis le 15 juin 2015 : L’Escale fermière, boutique paysanne près des halles de Lamalou-les-bains, ouverte même le dimanche en saison. Maxime est l’un des 16 accueillants, vendeurs pour 26 dépositaires.

Et maintenant la fromagerie : pérails, yaourts ...

  Pour Maxime, l’année 2017 sera donc le lancement de cette fromagerie du « Champ de la fontaine », nom francisé de l’aire de cinq camping-cars autonomes qu’il gère déjà.

Plein air à gogo pour les cochons de Randy

« Il n’y a pas de mauvais terrain. Il suffit de trouver la race qui y est adaptée. » À Randy, le lac du Laouzas n’est pas bien loin ; mais la vie facile, oui. Car ici la terre est âpre, tourmentée. Et le vent aigrelet, à 900 mètres d’altitude, au domaine des cochons (1,5 ha clos pour le moment).
Ce 26 mars, Francine Pastol (l’auteure de la maxime) viendra aider son mari à réaménager les parcelles. Car c’est le grand jour : le verrat laineux (race mangalitza de l’est des Alpes) pourra bientôt libérer ses instincts sur les futures mères. Résultat dans 3 mois, 3 semaines et 3 jours. Pour l’heure, au milieu de ses 70 bêtes de tout âge, l’éleveur de 38 ans est serein. Il y parle à ce cochon laineux. À l’entour, habillés de poils noirs et blancs, les jeunes, gascons et basques, répondent. Plus loin, dans un autre enclos, des cochons roses (large white et landrace). Surprise : ces bêtes, plus communes ici, s’expriment autrement que leurs voisines. Benoît a son plan pour trier son bétail : « Avec la nourriture, c’est facile. » Ici, ce sont des céréales et de la farine de Camargue, avec des glands au « self » (sous les chênaies) et, douceur exquise, le petit-lait du fromager de Viane. Le tout certifié bio.
La Ferme de Randy (site internet), Benoît Pastol au 06 67 19 37 32.
Légende photo : Basques, gascons ou cochon laineux trouvent ce terroir d’altitude à leur goût.

Des volailles sur le plancher des vaches

Fin 2013, les époux Vergnes, élevage avicole à Candoubre, parviennent à la retraite. Aux Longagnes depuis douze ans, Émilie, employée à temps partiel à la boucherie-charcuterie de Murat, apprécie le travail que nécessite la basse-cour d'un élevage bovin. «Et si on se lançait ?» Ainsi, trois mois après avoir entré 300 poulets «démarrés» à trois semaines, la fermière des Longagnes est prête à accueillir le premier client. Surtout averti : hors la première semaine de pension ici (transition alimentaire), toute la volaille (poulets, canards, pintades) est exclusivement nourrie au grain concassé et a le choix entre sa cabane et les différents enclos à l'air libre. Mais visiblement, si les volailles apprécient le plein air, elles n’apprécient pas le vent d'autan. Les pintades surtout, qu'Émilie dit plus frileuses, emplissent le vallon de criaillements ulcérés. Qu'elles se rassurent: les beaux jours reviendront.

«Jusque-là, hors les besoins domestiques, il vendait le grain. Mais cette année, il augmente la surface : 20 hectares. C'est du triticale», précise Émilie Liprendy. Avant de répondre dans un sourire : «Non, il ne me fait pas payer». Sympa, Fabrice, ce mari qui, derrière un outil électrique, finit d'usiner le bâtiment d'abattage. Quelques jours avant l'ouverture au public, les joints de carrelage ne sont pas secs et Émilie reste dehors pour expliquer le sens de circulation : ici volaille électrocutée, puis saignée, plumée et, à l'arrière, éviscérée, avant d'être mise en chambre froide en suivant.
Volailles fermières, les Longagnes, à 800 m de la route de Bédarieux, à Murat, tél 05 63 37 21 25.