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Le four commun restauré

Depuis des siècles, le village de Moulin-Mage est partagé en deux. En face, ils ont créé « leur » commune en 1900. Mais de ce côté-ci, les résidents sont restés depuis toujours de fidèles administrés de Murat.

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        Pour autant, pas d’animosité entre les deux parties du bourg : si le clivage existe, c’est la faute au ruisseau, le Viau. À preuve, dans les années noires, les habitants de la rive gauche (ici) ont été appuyés par ceux d’outre-Viau pour bâtir le four. Le site choisi fut ce Courderc – parcelle indivise appartenant aux riverains muratais – servant notamment à entreposer les gerbes de blé en attente de dépiquaison. À l’époque, le boulanger Élie Fanjaud appliquait les consignes d’approvisionnement : le rationnement des denrées aboutissait à un pain blanc rare, et un pain noir immangeable. Mandatés par le voisinage, les maçons Azaïs (de Ceren) et Pierre (de Rieuviel) ont donc construit, en 1942, un bâtiment de 5 m. x 3 m. abritant une sole de 1,50 m. de diamètre.

 

Munis de sacs ou de valises renfermant le blé, les Moulin-Mageois(es) prenaient alors, en douce, le train jusqu’à la station après Lacaune. Le meunier de Lembas acceptait de travailler pour des petites quantités. Ensuite, chaque famille pétrissait son pain et, pour la cuisson, le tour de rôle était inscrit à la craie sur une planche noire. Après la guerre, le four restera en activité jusque vers 1950, puis sera laissé à l’abandon. Seul Laurent Roques, plus proche voisin, veillait au grain en rebouchant les gouttières du toit.
Dans le cadre de la revalorisation du patrimoine bâti, la mairie a mandaté ses employés pour la restauration du bâtiment. L’inauguration s’est déroulée le vendredi 13 août. Après un essai préalable, les familles du quartier avaient concocté six fouaces et deux miches. À cuire pendant deux heures : juste le temps pour le maire Claude Gayraud et l’enfant du quartier Francis Vidal de revenir, l’un sur la rénovation, l’autre sur l’historique de ce site. Et la cinquantaine d’invités pouvait partager le pain et le verre de l’amitié.
Une convivialité qui se poursuit les soirs d’été : les habitants ont plaisir de se retrouver là pour prendre le frais. En demi-saison, prévoir une laine : le Viau, tout proche est chargé d’humidité.
Légende photo : Surveillé par Francis Vidal, cette fois c’est pour l’agrément que le four reprend vie.